Béatrice

Divorce et relation difficile avec sa fille (effet miroir parent-enfant)

(Extrait du livre «Seconde chance – Offrez-vous le droit au changement».)

Béatrice était venue faire sa première séance avec l’intention de rencontrer l’amour, car son mariage (qu’elle considérait comme un «mauvais casting») était terminé depuis des années, même s’ils n’étaient pas encore divorcés. Âgée de 55 ans, elle estimait qu’il n’était jamais trop tard.

Elle avait travaillé avec beaucoup d’implication. Dans son cas, il n’avait fallu qu’une seule séance, car elle avait été tellement déterminée qu’elle avait entrepris toutes les actions possibles pour changer son attitude et sa signature énergétique afin de matérialiser cette rencontre de la personne qui soit juste pour elle.

Un an plus tard, elle était revenue en séance et m’avait annoncé qu’elle fréquentait un homme depuis environ dix mois. Ceci impliquait que les résultats s’étaient matérialisés après environ deux mois. Cela avait vraiment été rapide dans son cas !

Lors de cette deuxième entrevue, nous avions travaillé pour que son mari accepte enfin le divorce. À cette occasion, j’avais appris que celui-ci traversait un burn out et était professionnellement en arrêt maladie.

Il s’était passé environ quatre mois, puis il avait accepté de signer les papiers du divorce. À présent, Béatrice se sentait libre d’aller de l’avant.

Elle avait même annoncé à son futur ex-mari qu’elle avait quelqu’un d’autre et malgré sa maladie, il avait bien accepté la nouvelle.

Ils s’étaient arrangés pour qu’il prenne un appartement et que Béatrice garde la maison.

Durant la troisième séance, étant donné que les choses étaient désormais au clair avec son futur ex-mari, Béatrice se sentait maintenant prête à présenter son nouveau compagnon à ses enfants.

Le problème était que sa fille la plus jeune, refusait catégoriquement de le rencontrer. Et elle s’opposait à ce qu’il vienne vivre dans la maison familiale. Les désaccords familiaux étaient arrivés à un stade invivable pour Béatrice, ainsi que pour ses autres enfants et pour son compagnon.

Ceci avait jeté un froid glacial supplémentaire sur la relation déjà compliquée entre la mère et la fille, car cela faisait des mois, voire des années que cette dernière reprochait férocement à sa mère d’avoir été absente, de s’être amusée et d’avoir laissé tomber son père alors qu’il n’était pas bien. Suite à cet épisode, elle avait même tenté de liguer ses frères et sœurs contre leur mère.

Cela était une lourde épreuve pour Béatrice, bien qu’elle comprît la douleur de sa fille quand elle prenait le parti de son père, puisque celle-ci était très proche de lui pendant cette période de burn out et de dépression. C’était même elle qui le soutenait le plus. Cependant, Béatrice n’arrivait pas à comprendre la telle virulence de ses propos et de ses réactions.

Elle était persuadée que ces problématiques provenaient d’une vie passée. Cependant, de mon côté, je ressentais profondément que cela était lié à sa vie actuelle.

Je lui avais posé la question :
‒ Quel âge a votre fille, la plus jeune ?
‒ Vingt et un ans.
‒ Comment était votre relation avec votre mère quand vous aviez cet âge ?
‒ Effectivement, quand j’avais vingt et un ans, j’accusais ma mère de ne pas se préoccuper de mon père malade et d’être toujours avec ses amis à faire la fête alors que je prenais soin de lui moi-même.
‒ Donc vous répétez votre mère.
‒ Oui. Et je ne me sentais pas entendue ni comprise par elle. Je ne comprenais pas la situation non plus. Je pensais qu’elle s’en fichait de nous tous.
‒ Observez maintenant votre fille actuelle. De quoi vous accuse-t-elle réellement ?

Béatrice avait souri et répondu :
‒ Exactement les mêmes mots que ceux que j’utilisais pour accuser ma mère. Sauf qu’en ce qui me concerne, cela fait des années que je suis séparée de mon mari ; alors que ma mère ne l’était pas encore quand j’avais vingt et un ans…
‒ Pourtant, on ne sait pas… Peut-être qu’ils avaient un accord entre eux deux. Surtout que, selon vos dires, votre mère avait un grand besoin de préserver les apparences. Il se peut qu’elle n’ait pas osé se séparer ou divorcer. Par ailleurs, peut-être que c’est le fait d’avoir vu votre mère malheureuse dans son couple qui vous a permis d’oser vous séparer vous-même en vous donnant une seconde chance, plutôt que de rester.
‒ Donc… Est-ce que je dois pardonner ma mère ?
‒ Non. D’abord, vous devez vous pardonner vous-même d’avoir jugé et de ne pas avoir compris votre mère, ni accepté la situation.

Pour moi, il était évident que si Béatrice se pardonnait elle-même d’avoir agi comme elle l’avait fait en jugeant sa mère, alors forcément, cela changerait sa signature énergétique. Ce qui aurait pour conséquence que sa fille changerait, puisqu’elle se calquait inconsciemment sur la programmation de sa mère : « La fille accuse la mère avec virulence parce qu’elle fait la fête ».

À l’issue du travail effectué en régression, Béatrice avait dit :
‒ Maintenant, je n’ai plus rien à pardonner, car je comprends ce qui s’est produit : en réalité, je dois me pardonner moi-même d’avoir jugé à l’époque. Je l’avais fait parce que je n’avais pas compris.

Elle avait éclaté d’un rire de contentement.

Béatrice m’avait confié que cette séance l’avait beaucoup plus bouleversée que la première, car elle avait fait face à elle-même sous des aspects plus « sombres ». Mais elle se sentait profondément soulagée, même si elle disait qu’il lui faudrait un peu de temps pour digérer.

Cependant, contre toute attente, les événements s’étaient dénoués d’une manière beaucoup plus rapide et fluide qu’elle ne l’avait imaginé !

En effet, environ trois mois plus tard, c’était la période de Pâques. Toute contente, elle m’avait appelée pour me dire ceci :
‒ Merci du fond du cœur, car cela a fonctionné ! Sans que je fasse le moindre effort, ma plus jeune fille est venue vers moi pour me dire : « Pour Pâques, fais un repas familial et invite ton nouveau compagnon. Maintenant, je suis prête. »